Grim Fandango – La nostalgie en HD

L’année 2016 a débuté en beauté pour les membres de Playstation+ : Ils ont eu droit à Grim Fandango Remastered gratuitement. L’occasion parfaite pour (re)découvrir ce petit bijou qui a forgé sa place dans les années 1990, à l’époque où les jeux d’aventure point’n’click étaient une norme. À l’époque, uniquement disponible sur PC, Double Fine, reconnu pour son talent dans les jeux d’aventure, a saisi l’opportunité de rendre le jeu accessible sur diverses plateformes. Ainsi, le jeu est offert sur téléphone mobile et sur console Playstation… excluant malheureusement la XboxOne. Est-ce que le remaster est réussi? Oui et non. Commençons par le commencement.

Fiche technique

  • Type de produit : jeu d’aventure style point’n’click
  • Éditeur : Double Fine Productions
  • Durée du jeu: une quinzaine d’heures
  • Nombre de joueurs : un joueur
  • Âge recommandé : pour tous
  • Langue du produit : français/anglais/italien/espagnol/portugais/allemand
  • Disponible en français : au complet (audio, sous-titres)
  • Prix moyen : ~ 14,99 $
  • Consoles : Steam, PS4, PS Vita, OS X, Android
  • Site officiel du studio : http://www.grimremastered.com/

La grande faucheuse

L’univers de Grim Fandango se situe principalement dans le royaume des morts (ou dans les limbes si vous préférez), là où les personnes fraîchement décédées doivent effectuer un voyage jusqu’à l’Uunderworld. Les bonnes âmes auront droit à un voyage de luxe à bord d’un train, les moins chanceuses devront faire leur voyage à pied. Le joueur incarne Manuel, dit Manny, Calavera qui a comme tâche de recueillir les âmes et aussi de leur attribuer leur mode de voyage vers l’underworld. Autrement dit, il joue le rôle d’une faucheuse (et il trimbale toujours sa faux avec lui). Je dis bien “une” faucheuse et non “la”, car, tout comme dans la vie réelle, il n’y a pas de poste unique, même au royaume des morts. Cet emploi bien intéressant de l’extérieur n’est malheureusement qu’un gagne-pain pour Manny qui attend d’ailleurs son tour pour faire son propre voyage. Afin d’avoir droit à sa retraite bien méritée, il doit recueillir un certain nombre d’âmes de qualité pour prouver à son grand patron ce qu’il vaut. Cette tâche s’avérerait facile si Manny n’était pas en compétition avec un collègue de travail qui a beaucoup plus de chance que lui!

Grim

Déjà, Grim Fandango présente un univers loufoque, absurde et des personnages uniques (sans compter les dialogues hilarants). Tout pour garder un joueur accroché et intéressé au récit. Le joueur est bien mis en scène et le petit résumé ci-haut représente à peine trois minutes de jeu. Il y a donc une énorme quantité de personnages et de rebondissements à vivre. Sur le plan de l’intrigue, Grim se démarque.

La jouabilité est assez classique. Le joueur se déplace dans des environnements prérendus à la manière des Resident Evil (c.f. l’image ci-haut) et le plan change quand le joueur atteint un endroit dans l’espace (pour permettre une meilleure visibilité). À cet effet, il est possible pour le joueur de choisir son mode de déplacement dans les options : relatif à la caméra (donc avancer vers le haut va toujours bouger le personnage en avant selon le point de vue) ou relatif au personnage (avancer fait bouger le personnage dans la direction que lui fait face).

Il y a un inventaire auquel le joueur peut accéder en tout temps, puis un bouton d’interaction qui permet de fouiller, de discuter avec les personnages, d’activer certains éléments, etc. Essentiellement, le joueur devra ramasser des objets, les utiliser au bon endroit pour débloquer d’autres options de dialogue et ainsi de suite pour faire progresser l’intrigue. Le classique du point’n’click.

 

Être ou ne pas être un remaster

Lorsque nous parlons de remaster, je ne peux m’empêcher de penser à Resident Evil HD qui est sorti l’automne dernier sur PS4, sur XboxOne et sur PC après une dizaine d’années d’exclusivités sur Gamecube. Petite mise en contexte : Resident Evil, qui est paru en 2001, était en fait un remake du premier opus de la franchise en 1996. Capcom, le studio derrière le développement, en a profité pour ajouter des mécaniques de jeu supplémentaires en plus de la refonte graphique. Nouvelles énigmes, un visuel logiquement plus beau, de nouveaux monstres, etc. Bref, ils n’ont pas uniquement changé l’emballage du jeu, ils ont littéralement refait le jeu. Jusqu’à ce jour, je considère encore ce Resident Evil comme l’exemple parfait d’un remake.

Lorsque Capcom a décidé de rendre ce jeu accessible sur les autres consoles dix ans plus tard, ils ont encore une fois saisi l’opportunité pour revoir certaines options. Ainsi, ils ont offert aux joueurs un nouveau mode d’affichage (16:9 ou 4:3) et de nouveaux modes de déplacements (relatif au personnage ou à la caméra) selon le degré d’aisance.

Grim Fandango, aussi bien puisse être le jeu, souffre de ces manques. Le jeu est plus beau visuellement, oui, mais l’innovation s’arrête là. Il aurait été bien de revoir l’inventaire qui est, selon moi, victime de l’époque qu’elle a été conçue. Lorsque le joueur accède à l’inventaire, il ne voit en fait qu’un objet à la fois (que Manny sort de sa poche) et il doit choisir entre “Suivant / Précédent /Sélectionner / Observer / Annuler”. Il n’y a aucun menu qui donne une liste des objets que le joueur ne possède ni même leur ordre. Du coup, le joueur se retrouve à devoir circuler parmi ses objets jusqu’à trouver le bon et, s’il le rate, il doit retourner en arrière. Ce n’est vraiment pas pratique pour donner une vision d’ensemble des objets possédés. Broken Age, un autre jeu plus récent de Double Fine, avait un inventaire assez exemplaire : tous les objets apparaissaient au bas de l’écran horizontalement et le joueur circulait de gauche à droite entre eux. Je n’arrive pas à expliquer pourquoi le studio n’a pas offert ce genre de mise à niveau pour Grim et qu’il a préféré laisser l’inventaire tel quel. L’image plus bas témoigne du manque d’ergonomie de l’inventaire, sans oublier que le nom de l’objet n’apparaît pas!

GrimInventaire

Deuxième problème que je constate : les déplacements. Je suis un habitué des contrôles de Resident Evil classique (déplacements relatifs au personnage) et, pourtant, je n’ai pas réussi à bien déplacer Manny lorsque j’activais les déplacements similaires dans Grim Fandango. Tourner est beaucoup trop lent et avancer, très sensible. Donc je fonçais dans les murs et j’avais du mal à contourner les objets du décor. Il y a eu un manque de peaufinage de ce côté.

Troisièmement, il n’y a pas de sauvegardes automatiques. Le joueur doit donc manuellement sauvegarder par lui-même pour ne pas perdre son progrès. Cela ne serait pas un problème si ce n’était pas du temps de sauvegarde qui s’étend parfois jusqu’à une trentaine de secondes à chaque fois (sans doute un problème relatif à la version console). À répétition sur une quinzaine d’heures de jeu, nous avons de quoi se lasser.

Finalement, la résolution d’écran. Capcom a fourni aux joueurs de PS4-PC-XboxOne la possibilité d’afficher le jeu en 16:9 ou en 4:3. Lorque le joueur est en 16:9, l’image n’est pas étirée, mais adaptée… Ce qui n’est pas le cas pour Grim. Ce qui est très dommage puisque, visuellement, les personnages sont vraiment plus beaux que dans la version d’origine (et les nostalgiques peuvent même désactiver les textures HD). Double Fine a pris soin d’ajouter une option d’avoir des barres noires ou des barres texturées (comparez l’image de l’inventaire avec celle 4:3 ci-dessous), mais ils n’ont pas ajusté l’image 16:9…

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Donc, non seulement l’inventaire est pénible d’utilisation, mais les déplacements manquent de paufinement et la résolution d’écran n’a pas été ajustée aux standards actuels. Grim Fandango souffre d’être un remaster purement superficiel. Ces lacunes n’enlèvent en rien la qualité du scénario et des dialogues, mais il est dommage que plus de temps n’ait pas été accordé pour actualiser au-delà du visuel afin de donner un jeu excellent dans toutes les sphères.

Je me permets de plus une petite parenthèse pour spécifier que, comme tous les jeux d’aventure, il y a très peu d’intérêt à rejouer au jeu une fois terminé. Ce n’est pas un défaut en soi, c’est propre aux jeux d’aventure, mais il faut tout de même en tenir compte.

L'année 2016 a débuté en beauté pour les membres de Playstation+ : Ils ont eu droit à Grim Fandango Remastered gratuitement. L'occasion parfaite pour (re)découvrir ce petit bijou qui a forgé sa place dans les années 1990, à l'époque où les jeux d'aventure point'n'click étaient une norme. À l'époque, uniquement disponible sur PC, Double Fine, reconnu pour son talent dans les jeux d'aventure, a saisi l'opportunité de rendre le jeu accessible sur diverses plateformes. Ainsi, le jeu est offert sur téléphone mobile et sur console Playstation... excluant malheureusement la XboxOne. Est-ce que le remaster est réussi? Oui et non. Commençons par le commencement. Fiche technique Type de produit : jeu d'aventure style point'n'click Éditeur : Double Fine Productions Durée du jeu: une quinzaine d'heures Nombre de joueurs : un joueur Âge recommandé : pour tous Langue du produit : français/anglais/italien/espagnol/portugais/allemand Disponible en français : au complet (audio, sous-titres) Prix moyen : ~ 14,99 $ Consoles : Steam, PS4, PS Vita, OS X, Android Site officiel du studio : http://www.grimremastered.com/ https://www.youtube.com/watch?v=QRB6Likh478 La grande faucheuse L'univers de Grim Fandango se situe principalement dans le royaume des morts (ou dans les limbes si vous préférez), là où les personnes fraîchement décédées doivent effectuer un voyage jusqu'à l'Uunderworld. Les bonnes âmes auront droit à un voyage de luxe à bord d'un train, les moins chanceuses devront faire leur voyage à pied. Le joueur incarne Manuel, dit Manny, Calavera qui a comme tâche de recueillir les âmes et aussi de leur attribuer leur mode de voyage vers l'underworld. Autrement dit, il joue le rôle d'une faucheuse (et il trimbale toujours sa faux avec lui). Je dis bien "une" faucheuse et non "la", car, tout comme dans la vie réelle, il n'y a pas de poste unique, même au royaume des morts. Cet emploi bien intéressant de l'extérieur n'est malheureusement qu'un gagne-pain pour Manny qui attend d'ailleurs son tour pour faire son propre voyage. Afin d'avoir droit à sa retraite bien méritée, il doit recueillir un certain nombre d'âmes de qualité pour prouver à son grand patron ce qu'il vaut. Cette tâche s'avérerait facile si Manny n'était pas en compétition avec un collègue de travail qui a beaucoup plus de chance que lui! Déjà, Grim Fandango présente un univers loufoque, absurde et des personnages uniques (sans compter les dialogues hilarants). Tout pour garder un joueur accroché et intéressé au récit. Le joueur est bien mis en scène et le petit résumé ci-haut représente à peine trois minutes de jeu. Il y a donc une énorme quantité de personnages et de rebondissements à vivre. Sur le plan de l'intrigue, Grim se démarque. La jouabilité est assez classique. Le joueur se déplace dans des environnements prérendus à la manière des Resident Evil (c.f. l'image ci-haut) et le plan change quand le joueur atteint un endroit dans l'espace (pour permettre une meilleure visibilité). À cet effet, il est possible pour le joueur de choisir son mode de déplacement dans les options : relatif à la caméra (donc avancer vers le haut va toujours bouger le personnage en avant selon le point de vue) ou relatif…

Évaluation en chiffres

Histoire et Narration - 8.5
Personnages - 9
Contrôles - 6
Caméras - 7.5
Bogues et stabilité - 9
Sons et musique - 10
Graphismes - 7
Facteur plaisir - 7.5
Facteur difficulté - 8
Facteur rejouabilité - 6

7.9

Nostalgique

Ultimement, Grim a hérité d'une refonte graphique et d'un manque d'attention aux autres aspects. Le jeu est certes plus beau et cela reste toujours un plaisir de redécouvrir ce bijou, mais l'expérience n'a pas été entièrement mise à jour aux standards d'aujourd'hui. Un inventaire assez flou, des déplacements qui manquent de précision et un mode d'affichage étiré si affiché en 16:9 (la norme aujourd'hui) m'empêchent de donner la médaille d'or à ce remaster.

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About Nicholas Chabot

Lunatique, artiste, maladroit, humoristique, écrivain, humain incompris, étrangeté ambulante, Nicholas Chabot accumule les adjectifs comme un hamster ramasse ses graines pour l’hiver. La loufoque chose a un parcours artistique irrégulier et compte bien continuer de semer le doute sur sa destination finale. La raison? Une imagination trop débordante. Ayant d’abord mis ses idées à l’épreuve dans un cours d’Animation 3D et synthèse d’images pendant trois ans, l’homme à marier en a conclu que ce n’était pas suffisant : ainsi naquît son existence dans le Certificat en Créations Littéraires de l’Université Laval, la scénarisation à l'UQAM, l'étude du jeu à l'Université de Montréal pour finalement aboutir dans un D.E.S.S. en game design.

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