[Accès anticipé] We Happy Few… ENCORE un jeu de survie?

AVERTISSEMENT

Cette mini-critique concerne un jeu en accès anticipé (version alpha), c’est à dire un jeu incomplet en changement continue. Cette critique ce veut d’être faite sur le coeur derrière la conception des mécaniques du jeu et de ce qu’il propose aux joueurs dans son état actuel. Certains jeux en accès anticipé sont bons alors que d’autres le sont moins, cette critique vise à définir dans quel camp se situe l’objet de ce billet. Bonne lecture!


Plusieurs d’entre vous étaient excités à l’annonce du nouveau jeu We Happy Few lors de la dernière édition du festival E3. Une bande-annonce nous proposant un univers similaire à ceux des premiers chapitres de la franchise Bioshock nous était présentée, c’était beau, rafraîchissant et cela semblait vouloir nous faire réfléchir sur notre société moderne. En plus, c’était un jeu fait ici, à Montréal, qu’on nous présentait. « Finalement! Un autre jeu avec de la gueule pour prouver que les Québécois ont ce qu’il faut pour faire de magnifiques jeux! » … ou du moins, c’est ce que je m’étais dit. Mais après avoir mis la main sur la version anticipée du jeu, je dois avouer que je suis rapidement tombé de mon nuage. J’ai été très déçu. Laissez-moi vous expliquer pourquoi.

Beef N°1 : L’histoire est quasi-inexistante

S’il y a bien une chose que les gens souhaitaient voir suite à cette magnifique bande-annonce, c’était d’en savoir davantage sur cet univers et sur l’histoire derrière le personnage soudainement pourchassé par ces policiers au sourire démoniaque. Malheureusement, le jeu ne nous offre absolument rien de nouveau, on ne nous propose que le même bout d’histoire présenté précédemment (un homme cesse de prendre son médicament de joie, les gens découvrent qu’il est un « downer« , il se fait poursuivre et attaquer, il perd connaissance). Par la suite, nous sommes lancés à l’aveuglette dans un monde ouvert généré aléatoirement. On nous promet qu’il y aura trois personnages avec leur propre histoire, mais pour l’instant, rien de tout ça.

Alors, tout ce qu’on nous propose, c’est un jeu sandbox dans lequel on doit survivre, sans but précis autre que de se sauver de cette ville. Si vous aviez envie d’apprendre à en connaître davantage sur cet univers ou, si vous croyez que ce jeu vous proposera une histoire aussi captivante que l’était Bioshock… vous serez déçus.

WeHappyFew-Intro
« Heureux est le pays sans passé… Décevant est le jeu sans histoire. »

 

Beef N°2 : De la survie… encore!?

Ne me méprenez pas, il n’y a rien de mal aux jeux de survie, certains de mes jeux préférés possèdent des mécaniques de survie. Là où j’ai un problème (et plus même) avec We Happy Few, c’est avec le fait qu’on innove absolument en rien le genre et qu’on ne fait que copier, répéter les mêmes mécaniques qui ne servent qu’à allonger le jeu. Sincèrement, il n’y a rien d’amusant dans un jeu d’aventure lorsque l’on doit constamment remplir les besoins de notre personnage : je dois m’hydrater, je dois manger, je dois dormir et je dois rester en santé… mais les ressources que je risque d’utiliser vont peut-être empirer ma situation et m’obliger à trouver d’autres ressources qui me permettront de rester en vie. Ce n’est pas une blague, le jeu nous offre tout plein de ressources qui peuvent empirer notre état (nourriture avariée all-over-the-place, bandages sales pouvant causer des infections et j’en passe). On peut construire des objets pour faciliter notre vie avec les ressources que l’on trouve, ce qui est bien. Cependant, plusieurs objets très utiles (comme les armes) se détruisent au bout de quelques utilisations (et pour l’instant, cette détérioration est trop rapide), ce qui nous force à devoir trouver encore d’autres ressources pour créer d’autres armes et ainsi de suite.

WeHappyFew-Inventaire

WeHappyFew-Recettes

Ces mécaniques de jeu peuvent bien fonctionner lorsqu’un jeu met l’emphase sur la survie d’une personne dans un environnement hostile, inconnu. Dans un jeu comme Minecraft ou State of Decay, ça fait du sens de vouloir garder un oeil sur l’état physique/mental de son personnage et sur son équipement. Si j’avais eu à penser à ces « données de survie » dans un jeu comme BioshockDungeon of the Endless ou Layers of Fear, il est clair que j’aurais décroché au bout de quelques heures, tout comme je l’ai fait avec We Happy Few. Si j’avais envie de jouer au babysitter avec un personnage qui requiert sans arrêt qu’on s’occupe de lui et de ses moindres caprices, j’irais jouer avec un Tamagotchi ou à Don’t Starve.

Bref, présentement, le jeu ne nous propose qu’une pâle copie de tous ces jeux de survie provenant de compagnies indépendantes sur Steam. Très (trop) répétitif, aucunement innovateur et rapidement lassant. Pour qu’on lui excuse ce choix déplorable, il nous faudrait beaucoup plus… comme une vraie histoire et des mécaniques complexes, originales.

WeHappyFew-SignesVitaux

 

Beef N°3 : Des quêtes fades, inutiles

Un autre aspect important de ce jeu que je perçois comme étant très maltraité est le système de quêtes. Certes, il nous est possible de trouver quelques journaux et morceaux de papier qui peuvent nous aider à comprendre un peu plus l’univers derrière la ville de Happy (ce qui est toujours un gros plus), mais les quêtes qu’on nous propose sont décevantes. En marchant aléatoirement au travers du village abandonné, des quêtes apparaîtront sans crier gare dans votre inventaire pour vous faire accomplir des tâches sans autre but que « voyons voir ce qui va se passer ». Les motivations de notre personnage pour accomplir ses missions sont fades et plutôt idiotes pour être honnête. Quelques-unes ont du sens (comme se débarrasser d’un corps en putréfaction de son refuge ou de guérir un homme blessé pour s’en faire un allié), mais lorsqu’on me demande de trouver une poupée parce qu’on n’a rien d’autre à faire, je perd mon intérêt assez rapidement. De toute façon, une seule quête nous importe vraiment : PARTIR DE CETTE FOUTUE VILLE. Toutes les quêtes n’ayant aucun lien avec cet objectif final seront, pour la majorité, rejetées par le joueur (à moins d’avoir un joueur compulsif).

WeHappyFew-Journal

WeHappyFew-Quetes

 

Conclusion

Alors que certains jeux en accès anticipé arrivent à se démarquer des milliers d’autres disponibles sur le web grâce à leurs mécaniques de jeu uniques (comme Darkest Dungeon à l’époque), We Happy Few nous laisse un arrière-goût amer dans la bouche. Pour le moment, on a l’impression de se faire offrir une entrée fade et sans intérêt avant de se faire servir un repas magnifique dans un restaurant; on sent que le plat principal et le dessert pourraient excuser l’entrée médiocre en étant magnifiques, mais les condiments et le vin qu’on nous apporte entre-temps gâchent l’expérience. Il est vrai que le jeu est encore en stade alpha, alors je ne peux leur en vouloir pour les nombreux bogues (il faut s’y attendre après tout).

Malgré ces gros points négatifs, je sens à l’intérieur de moi qu’il y a une parcelle d’espoir. Après tout, l’interface de jeu n’est pas affreuse, le peu de détails qu’on nous laisse entrevoir avec les journaux nous laisse croire que quelque chose de gros se prépare pour la version finale et les graphismes sont actuellement superbes (en enlevant plusieurs bogues ici et là). J’ai sincèrement envie de donner une chance au jeu lors de sa sortie officielle pour deux raisons; j’ai espoir qu’ils apprendront de leurs erreurs et amélioreront les mécaniques de jeu en évitant de tomber dans le piège du jeu de survie cliché et puis l’univers qu’on nous propose a ÉNORMÉMENT de potentiel. J’ai vraiment envie de voir l’histoire derrière les trois personnages principaux se dérouler devant mes yeux ainsi que d’élucider le mystère derrière ce monde de fous.

WeHappyFew-Lecture

DEVRAIS-JE ME PROCURER CE JEU EN ACCÈS ANTICIPÉ?

  • Si l’univers et l’histoire vous intéressent. Non, attendez
  • Si vous détestez le concept de jeux de survie. Sauvez-vous
  • Si vous êtes un amateur de jeux de survie. Certainement

 

Merci à Evolve Terminals de nous avoir fourni un exemplaire de ce jeu pour cette première impression.

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