Série animée : Knights of Sidonia, saison 1

Knights of Sidonia est une adaptation du manga du même nom de l’auteur Tsutomu Nihei (Blame!, Biomega) qui a la particularité d’être le premier animé à être distribué en Amérique du Nord uniquement par le service d’abonnement Netflix. Il s’agit d’un animé de science-fiction du style mecha dans la lignée de Mobile Suit Gundam, Macross, Martian Successor Nadesico et Neon Genesis Evangelion. Knights of Sidonia ne révolutionne pas le genre, mais se démarque par son approche plus poussée de l’aspect science-fiction avec des thèmes tels le clonage, les modifications génétiques, les voyages spatiaux à  long terme, ainsi que des thèmes sociaux moins exploités par d’autres animés du même genre comme la définition des genres sexuels, l’immortalité et ses implications ainsi qu’un thème très cher au style cyberpunk japonais dont Nihei est issue : Qu’est-ce qui défini un humain?

 

Titre : Knights of Sidonia
Nombre d’épisodes : 12
Années de diffusion : 2014
Compagnie de production : Polygon Picturest
Auteur du manga : Tsutomu Nihei

 

Histoire

Il y a des milliers d’années, une race extraterrestre appelée Gauna a détruit notre système solaire. Une portion de la population réussit à s’enfuir à l’aide de gigantesques vaisseaux spatiaux dans le but de coloniser d’autres planètes loin des Gauna. Nagate Tanikaze, notre protagoniste, a été élevé et entraîné au pilotage de Garde dans le plus grand secret par son grand-père. Après le décès de son grand-père, Nagate doit sortir de sa cachette et rejoindre le reste de l’équipage du Sidonia afin de survivre. Il sera pris sous l’aile d’une mystérieuse amirale et assigné à l’académie militaire comme pilote de Garde. Il se verra confier le Tsugumori, un légendaire Garde afin de défendre le vaisseau des Gauna.

Les prémisses de Knights of Sidonia sont assez classiques dans le genre mecha. Un jeune homme mystérieux et extrêmement talentueux se voit confier la machine la plus performante de l’arsenal afin de défendre ses amis. Ce n’est donc pas la force du récit. Comme je le disais plus haut, Knights of Sidonia se démarque par son côté science-fiction plus poussé que dans la plupart des autres titres du genre et son style cyberpunk propre à l’écriture de Nihei.

Nous allons voir Nagate évoluer dans un monde qu’il découvre avec nous en quelque sorte. Ce qui est assez intéressant. Il rencontre des gens de tous les genres et classes sociales de Sidonia à l’académie. Une ourse anthropomorphique qui travaille à la cafétéria, Izana, qui n’est ni homme ni femme, une fratrie de clones âgés de 5 ans, mais adultes, des riches, des pauvres. On en a pour tous les goûts. Nous allons aussi découvrir les secrets entourant Sidonia, les Gaunas et Nagate lui-même au fils de ses aventures. La trame narrative prend donc graduellement son envole, mais pas sans quelques grosses surprises relativement tôt dans la série. Ce qui garde les choses intéressantes.

Ce qui est la force de cette série, ce sont les thèmes abordés. Par exemple au niveau de la sexualité. Qu’est-ce qui fait un homme ou une femme? Question intéressante posée par l’apparition du personnage Izana qui n’a aucun sexe. On aborde par le fait même les questions éthiques entourant la manipulation du génome humain. Les humains sans (ou avec les deux) sexes ne sont pas la seule nouveauté de ce monde : les humains sont maintenant capables de photosynthèse, comme les plantes, afin de limiter la consommation de nourriture. Le clonage et la croissance accélérée sont aussi abordés, car Sidonia doit rapidement accroître sa population si l’espèce humaine doit survivre. Aussi, qu’est-ce qui fait d’un humain, un humain?

Sur une note plus légère, cette série emprunte aussi beaucoup aux séries romantiques de types harem comme Tenchi Muyo. Nagate est rapidement le centre d’attraction de la gente féminine qui se dispute son attention. Encore une fois rien de nouveau, car c’est quelque chose que Martian Successor Nadesico avait déjà fait avant, mais avec une touche beaucoup plus humoristique dans le cas de ce dernier.

 

Personnages

Le petit point faible de Knights of Sidonia : Nagate est assez générique dans son genre, bien que très attachant. Sa particularité vient du fait qu’il n’a pas eu de contact avec le reste du vaisseau pendant son enfance et qu’il n’est donc pas du tout à l’aise avec les us est coutume de son nouvel environnement. Ce qui explique qu’il est inconscient de l’intérêt de ses camarades envers lui ou de la gravité du secret qui entoure son intégration très rapide à l’académie militaire et à un escadron de Garde. Sinon, il suit les préceptes classiques des personnages de séries mecha et certains de séries de type harem (Tenchi Muyo, Love Hina).

Pour les autres ça se gâte. En dehors d’Izana et quelques autres, les personnages se ressemblent beaucoup les uns les autres, autant physiquement que sur le plan de la personnalité. Il est parfois difficile de savoir qui a fait quoi exactement sans revenir en arrière. Par contre, on se surprend à quand même s’attacher à la plupart d’entre eux. Je crois aussi que c’est voulu étant donné les thématiques de clonage et d’eugénisme.

 

Art/Animation

L’animation en 3D est très simple, mais aussi très efficace. Je n’ai pas grand-chose à dire, ce n’est pas très léché et loin des Apple Seed et Advent Children de ce monde, mais l’émotion y passe très bien. À vrai dire, le tout est très proche du trait de crayon un peu brouillon de Nihei. Les personnages, en dehors de certains comme Nagate, ce ressemble tous un peu, mais je crois que c’est volontaire. Du moins, si on en crois ce que la série semble sous-entendre du clonage et que le manga semble confirmé. L’animation est fluide et les scènes de combats en mecha sont très rapides et rythmées.

 

Son

Le style space opéra de Knights of Sidonia oblige presque une trame sonore symphonique. Et c’est précisément ce qui nous est livré. Une trame très grandiloquente avec un soupçon d’électro, qui, par contre, s’oublie rapidement et se fond presque totalement dans le décor. Je crois que c’est une bonne et une mauvaise chose. D’un côté, ça montre que la trame est naturelle et fonctionne bien avec l’animé, mais de l’autre, qu’elle est un peu banale.

 

En bref

J’ai personnellement été impressionné par Knights of Sidonia. Une très bonne histoire avec de la science-fiction de haute voltige, des combats de mechas très intenses et des personnages attachants. Tout semble y être pour les amateurs du genre. De plus, pour ceux qui s’intéressent au manga vous pouvez le lire sans trop d’impressions de déjà vu, car le point de vue de ce dernier est légèrement différent. Le manga met plus d’emphase sur certains événements et la série sur d’autres. La série explique donc mieux certaines choses et le manga en explique mieux d’autres. Ils sont donc complémentaires selon moi. À voir pour les fans de sci-fi et de mecha et à essayer pour les autres. Soit dit en passant, la saison deux arrive à grands pas.

Knights of Sidonia: War of the Ninth Planet

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