Dark Knight III Master Race no 1 : Batman n’est pas mort

INTRODUCTION

Frank Miller a changé Batman, d’abord avec le très bon Year One, mais surtout avec l’excellent Dark Knight Return. Son Batman plus âgé, sombre, torturé et violent a permis au personnage d’obtenir un second souffle, loin du Batman coloré des années passées. Succès critique incontestable, le Batman de Miller a inspiré plusieurs autres artistes et écrivains et DC a su capitaliser sur le succès. La BD a été transposée en dessin animé réussi, a servi d’inspiration pour le troisième volet, un peu moins réussi, de la trilogie de Christopher Nolan et servira clairement de base au très attendu Batman vs Superman Dawn of Justice.

Miller avait raté sa cible avec Dark Knight Strike Again. Le visuel éclaté n’avait pas fonctionné avec les fans et l’histoire, confuse, mettait un peu trop l’emphase sur une panoplie de personnages secondaires aux dépens du Batman qu’on avait adoré dans Return.

Miller avait tenté un retour avec Batman dans sa série Batman and Robin the Boy Wonder. Malgré les dessins de Jim Lee, probablement le plus beau Batman jamais mis en couleurs, le récit de Miller s’était attiré les foudres de la critique et du lectorat. Preuve, la série attend toujours une conclusion qui ne viendra jamais.

C’est avec le poids de ces suites mitigées, mais aussi avec en mémoire le succès d’antan qu’on aborde Dark Knight Master Race. C’est aussi peut-être à cause de la crainte d’un autre échec que les bonzes de DC Comics n’ont pas confié les rênes du projet seulement à Frank Miller, mais aussi à Brian Azzarello (100 bullets, Batman Broken City).

 

MON AVIS

Master Race se déroule en deux parties. La deuxième, courte, se lit comme un encart à propos du docteur Palmer, The Atom, très présent dans la série Dark Knight Strike Again. Je me concentre ici sur la première partie, le retour de Batman.

D’entrée de jeu, le visuel me plaît. Klaus Janson et Andy Kubert proposent un look moderne et léché, même s’ils ont visiblement choisi de garder des éléments des anciennes planches des numéros précédents. Wonder Woman et Lara, la fille de Superman, semblent sortir tout droit de Strike Again, après un passage dans Photoshop. J’adore.

Pour le texte, il est trop tôt pour dire si le premier numéro est une réussite. J’attends toutefois, avec impatience, les 7 prochains qui mettront un point final à une trilogie qui n’avait pas besoin d’exister, rappelons-le. Mais bon, comme nous en sommes rendus là, j’ai hâte de voir la suite.

Pour une histoire centrée sur Batman, on peut dire que le Chevalier noir est drôlement absent de cette introduction à Master Race, mais sa présence se fait sentir lourdement dans le background, avec succès. On sent l’influence du personnage chez Yindel, la relève du commissaire Gordon, mais aussi chez Wonder Woman, Lara et surtout, Superman, superbement silencieux, mais accablé par l’échec de son héroïsme! Si Miller avait fait de Superman un boyscout déchu dans ses précédents opus, j’ai l’impression qu’il prépare tranquillement sa riposte ici. Pour emprunter les mots de sa fille : «Pourquoi as-tu laissé les fourmis te déloger du ciel.»

Même si Superman reste de glace (!), je ne peux qu’espérer un retour triomphant de son exil. Peut-être pas en adversaire à la chauve-souris cette fois.

En quelques pages, Miller et Azzarello situent les thèmes : la mort («Une bonne mort, ça n’existe pas», souligne par deux fois le narrateur), le rôle des héros, l’échec et le poids de l’héritage. Pour ce thème de l’héritage, on pourra compter sur Lara, la fille de Superman et Wonder Woman, ainsi que sur Carrie Kelley, la Robin de Return. Leurs questionnements et leurs doutes prennent une place prépondérante dans ce premier chapitre.

Voilà, on se replonge dans l’univers de Miller comme dans de vieilles pantoufles. Un univers sombre, violent, teinté de gris. J’embarque.

 

À RELIRE si vous avez aimé

– Batman Broken City, Azzarello

– The Dark Knigh Return et Batman Year One, Miller

– Joker, Azzarello

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