Critique – Ghostbusters (2016) : Bustin` makes me feel good

Attention, cette critique va délibérément divulgâcher le scénario du film.

À lire à vos propres risques!

Il faut une certaine mauvaise volonté pour ne pas avoir du plaisir à l’écoute du nouveau Ghostbusters : Answer the call, surtout sa première heure, bien rythmée et hilarante. Les femmes apportent un enthousiasme évident, et chacune de leur victoire fait immanquablement sourire. Le sens de l’objet est toujours là pour l’équipement de chasse aux fantômes : on comprend comment les outils fonctionnent et on a drôlement envie de jouer avec eux. Il y a aussi une utilisation plus sensible des médias que son prédecesseur (Internet oblige, après tout).

Parlant d’Internet, passons outre le résumé du scénario, que tous connaissent probablement déjà, puisqu’il fut divulgué et analysé partout ailleurs.

ghostbuster2016_Costumes

C’est un film avec un penchant féministe tout de même appuyé, qui va de l’évident (Chris Hemsworth en homme-objet, littéralement, surtout lorsque possédé) au plus subtil (on tire dans la fourche du fantôme gigantesque en espérant lui faire lose his grip). Cependant, les protagonistes traversent les mêmes obstacles que l’original (rejet des académies, obstruction par le maire, etc.), mais, dans ce cas-ci, la résonnance est toute autre : au lieu de n’être que des scientifiques excentriques, elles sont en plus vues comme des hystériques qui doivent doublement justifier leurs positions.

Ajoutez à tout cela le fait qu’aucun personnage masculin ne prend de décision importante ou utile de tout le film, et on a droit à un intéressant (mais pas si futé) renversement des genres habituels pour un blockbuster. Points bonus au personnage de la conseillère du maire prouvant que, derrière tout grand homme, il y a une femme (qui, dans ce cas-ci, prend toutes les décisions).

ghostbuster2016_Hemsworth

L’humour, je l’espérais, est davantage un humour construit autour de la réalité des femmes (transgressions des nombreuses conventions sociales, autodépréciation, fonctions corporelles, etc); d’ailleurs, les blagues qui sortent de ce cadre manquent souvent leur cible, mais nous y reviendront. Soulignons au passage le magnétisme sexuel de Kate McKinnon, irrésistible, qu’elle dirige vers la plupart des autres personnages, autant hommes que femmes (surtout femmes). Et que dire de son t-shirt One of the boys?

Les visuels sont réussis, le traitement de couleur est animé et vivant, rappelant à la fois les films originaux et la série télé animée. Les effets spéciaux vont de l’exceptionnel (le tout premier spectre aperçu du long métrage) à l’acceptable (certains effets de superposition à l’écran vert corrects, mais évidents), et le troisième acte se défend bien, au final. Plus que ce à quoi je m’attendais, considérant les habitudes des blockbusters récents à ne pas savoir quand s’arrêter.

ghostbuster2016_Universite

J’accorde cependant quelques points aux détracteurs du film : les caméos sont, pour la grande majorité, forcés. Enlevez-les du film et le scénario n’en souffre aucunement. Y compris celui de Bill Murray, pourtant mieux intégré au départ. (Soulignons le beau clin d’œil au fait que Murray a déjà exprimé le désir de voir son personnage mourir dans un GB3)

Les spectres manquent cruellement d’une personnalité propre (sauf Slimer, mais ça ne fait que donner du poids à l’argument) et le dragon qu’on essaie de nous ramener à l’écran à toutes les demies-heures? Pourquoi? Non inspiré et générique. Je m’en serais passé, surtout qu’il se fait beaucoup mieux dans le film (les ballons de la parade Macy’s, entre autres, moment fort du 3e acte). Bref, sur le plan éthéré, le film manque son occasion d’affirmer une identité propre.

Le montage aussi laisse parfois le spectateur médusé. Cette manie d’insérer un personnage juste pour livrer un ‘punch’ sans aucun respect pour la logique des angles et la construction de l’espace agace profondément. Le personnage de Hemsworth en fait tout particulièrement les frais.

ghostbuster2016_Slimer

L’humour rapide dans les échanges entre les personnages fonctionne (la première heure, surtout, hilarante) mais les ‘gros gags’ qui se veulent plus spectaculaires en fin de parcours manquent leur cible, et ces échecs font mal au film, car ce sont eux qui laissent la dernière impression au spectateur. Il y a aussi, je l’accorde, quelques blagues très ‘cartoon’ (le laser proton qui fait voler Melissa McCarthy dans la ruelle) et quelques chutes brutales qui dépassent le cadre plus ‘réaliste’ de la résistance physique des personnages du film original. Ça laisse une certaine confusion concernant ce qui pourrait blesser ou non les chasseuses de fantôme, et rend les enjeux du film un peu moins grands.

Sinon, au final, c’est du plaisir. Du vrai plaisir. J’ai ri davantage que je ne l’aurais pensé. Et je me suis trouvé plutôt enthousiaste durant certaines scènes (dont SURTOUT le combat de McKinnon dans la rue armée de ses nouveaux ‘jouets’, clairement le point d’orgue du film, rien de moins).

Je le recommande. Et j’ai personellement hâte à une suite que je souhaite vivement.

ghostbuster2016_KateMcKinnon

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Daniel Palardy et Guillaume Couture, deux membres de l'équipe de la série web Je Joue Le Jeu, affrontent des jeux vidéo de toutes les époques et de tous les genres pour ton bon plaisir. Des fois ils se sont pratiqués, des fois ils sont poches, mais ils sont toujours drôles. À mi-chemin entre le Let's Play traditionnel et le podcast où on jase de tout et de rien, C'est Nous Qu'on Joue est ton rendez-vous deux fois par semaine (les mercredis et dimanches soirs vers 18h00) pour ta dose de rire et de jeu vidéo.

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