Critique – The Dig, l’héritage de LucasArts

Après 20 ans, que reste-t-il de The Dig? Quel héritage nous laisse-t-il? LucasArts, en collaboration avec Steven Spielberg et Orson Scott Card, nous présentait ce récit de science fiction en 1995, un temps avant la perte de popularité des jeux d’aventure classiques, avec leur combinaison d’items et leurs énigmes d’une logique douteuse. Un studio réputé pour la qualité de ses scénarios, un grand cinéaste et un auteur à succès de romans de science-fiction qui réunissaient leurs forces pour mettre au monde une histoire qui se voulait ambitieuse. Reste à savoir si cette histoire a su perdurer et surpasser son époque.

 

FICHE TECHNIQUE

  • Développeur : LucasArts
  • Plateformes : PC, Mac
  • Nombre de joueurs : 1
  • Type de jeu : Jeu d’aventure
  • Date de parution : 30 novembre 1995
  • Prix de base : 6,49$

 

De la science-fiction en bonne et due forme

Commander Boston Low, superviseur d’une équipe ayant comme tâche de déplacer un astéroïde en collision imminente avec la Terre, qui se retrouve emporté par cet astéroïde sur une planète lointaine, accompagné de deux membres de son équipage. Ils découvrent au fil de leurs aventures des ruines d’une ancienne civilisation extraterrestre qu’ils doivent apprendre à maîtriser afin de retourner sur leur planète. L’accompagne Ludger Brink, arrogant et détestable, ainsi que Maggie Robbins, un archétype de la femme forte et indépendante. Les personnages ont des personnalités d’une profondeur décente, sans être exceptionnelle et la chimie entre ceux-ci est crédible à travers tout le récit. Le maillon faible de cette équipe est probablement le personnage principal, qui parfois semble emprunter ses répliques à un héros de films d’action bourru. Il est possible de discuter de façon extensive avec les autres personnages, mais je me trouvais rarement à en ressentir l’envie, les mêmes thèmes généraux revenant trop souvent dans leurs conversations pour éveiller mon intérêt. Sans être totalement mémorables, les personnages jouent leur rôle de façon convaincante grâce aux acteurs qui leur donnent leurs voix et qui, malgré l’accent allemand légèrement raciste de Brink, fournissent une vraie personnalité à ces personnages qui en ont bien besoin pour surpasser leurs clichés. L’histoire, quant à elle, est décente, avec une race d’extraterrestres relativement intéressante présente à l’arrière-plan du récit. Le déroulement de la narration est cependant trop coupé par l’arrêt provoqué par les énigmes pour vraiment décoller et retenir l’attention bien longtemps.

The Dig Image

 

Combiner une lampe de poche avec une salade de pâtes

N’aide pas non plus au rythme l’amour évident que le jeu possède pour renvoyer le joueur sur ses pas constamment pour revisiter les mêmes environnements. Ce qui ne serait pas un problème en soi si les déplacements du personnage à travers les différents écrans à naviguer se produisaient à une vitesse décente. Il m’a fallu passer à travers la moitié du jeu environ avant de me rendre compte qu’il était possible de passer les animations de déplacement, puisqu’il n’est mentionné nulle part que cela est possible. Aucune indication n’est présente non plus à propos de comment l’on peut sauvegarder sa partie, si bien qu’il faut aller sur les forums de Steam pour s’en informer. En plus de ce manque d’indication au niveau des contrôles, il est souvent également difficile de savoir exactement son objectif et sa destination. Vers la deuxième moitié du jeu, les énigmes deviennent de moins en moins claires et les solutions sont difficilement explicables d’un point de vue de développement, un problème récurrent dans les jeux d’aventure à l’époque et un facteur qui a probablement contribué au déclin du genre dans les années 2000. L’utilisation d’un solutionnaire en devient donc pratiquement nécessaire pour réussir à progresser dans le jeu, ce qui ne crée pas une expérience très satisfaisante.

Un inventaire chargé
Un inventaire chargé

 

Une ambiance envoûtante

Mais le jeu a également ses points forts! L’atmosphère du jeu est probablement la chose la plus réussie. Les environnements sont variés, semblent réellement provenir d’une planète lointaine et constituent une beauté désertique. En fait, la direction artistique est d’une qualité impressionnante, avec du pixel art très convaincant et quelques objets animés en 3D qui sont fluides et non pas l’air trop déplacés. Le point faible de l’art du jeu est définitivement l’animation 2D des cinématiques, qui est saccadée et assez mal déssinée. On voit ici les limitations de l’espace d’un CD-ROM dans les années 90, très certainement, puisque si le studio était capable d’avoir sur l’équipe de scénarisation Steven Spielberg et Orson Scott Card, il est difficile de croire qu’il leur était impossible de trouver un animateur décent. On se doit donc de voir ce défaut pour ce qu’il est, une limitation technique malheureuse. L’espace du CD-ROM a plutôt été utilisé pour accueillir une excellente et impressionnante bande-sonore, qui donne à The Dig son ambiance convaincante et plaisante.

 

Conclusion

Au final, on se doit d’admettre que The Dig était un excellent jeu d’aventure face aux standards de son époque, avec une histoire décente et une atmosphère exceptionnelle. Pour ce qui est de son état par rapport au marché d’aujourd’hui, je dirais que ce titre sert de bon représentant de ce que l’industrie produisait en matière de jeux d’aventure de qualité au moment de son inception. Une bonne leçon d’histoire et une expérience intéressante (surtout accompagné d’un solutionnaire), même si l’on peut trouver nettement mieux de nos jours.

On aime :

  • La bande-sonore marquante;
  • Les personnages qui ont de la personnalité;
  • La diversité et la beauté des environnements.

On aime moins :

  • Les énigmes qui n’ont souvent pas beaucoup de sens;
  • L’affreuse animation 2D des cinématiques;
  • La lenteur des déplacements.

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Après 20 ans, que reste-t-il de The Dig? Quel héritage nous laisse-t-il? LucasArts, en collaboration avec Steven Spielberg et Orson Scott Card, nous présentait ce récit de science fiction en 1995, un temps avant la perte de popularité des jeux d’aventure classiques, avec leur combinaison d’items et leurs énigmes d’une logique douteuse. Un studio réputé pour la qualité de ses scénarios, un grand cinéaste et un auteur à succès de romans de science-fiction qui réunissaient leurs forces pour mettre au monde une histoire qui se voulait ambitieuse. Reste à savoir si cette histoire a su perdurer et surpasser son époque.   FICHE TECHNIQUE Développeur : LucasArts Plateformes : PC, Mac Nombre de joueurs : 1 Type de jeu : Jeu d’aventure Date de parution : 30 novembre 1995 Prix de base : 6,49$ https://www.youtube.com/watch?v=uJSzA4qjH3U   De la science-fiction en bonne et due forme Commander Boston Low, superviseur d’une équipe ayant comme tâche de déplacer un astéroïde en collision imminente avec la Terre, qui se retrouve emporté par cet astéroïde sur une planète lointaine, accompagné de deux membres de son équipage. Ils découvrent au fil de leurs aventures des ruines d’une ancienne civilisation extraterrestre qu’ils doivent apprendre à maîtriser afin de retourner sur leur planète. L’accompagne Ludger Brink, arrogant et détestable, ainsi que Maggie Robbins, un archétype de la femme forte et indépendante. Les personnages ont des personnalités d’une profondeur décente, sans être exceptionnelle et la chimie entre ceux-ci est crédible à travers tout le récit. Le maillon faible de cette équipe est probablement le personnage principal, qui parfois semble emprunter ses répliques à un héros de films d’action bourru. Il est possible de discuter de façon extensive avec les autres personnages, mais je me trouvais rarement à en ressentir l’envie, les mêmes thèmes généraux revenant trop souvent dans leurs conversations pour éveiller mon intérêt. Sans être totalement mémorables, les personnages jouent leur rôle de façon convaincante grâce aux acteurs qui leur donnent leurs voix et qui, malgré l’accent allemand légèrement raciste de Brink, fournissent une vraie personnalité à ces personnages qui en ont bien besoin pour surpasser leurs clichés. L’histoire, quant à elle, est décente, avec une race d’extraterrestres relativement intéressante présente à l’arrière-plan du récit. Le déroulement de la narration est cependant trop coupé par l’arrêt provoqué par les énigmes pour vraiment décoller et retenir l’attention bien longtemps.   Combiner une lampe de poche avec une salade de pâtes N’aide pas non plus au rythme l’amour évident que le jeu possède pour renvoyer le joueur sur ses pas constamment pour revisiter les mêmes environnements. Ce qui ne serait pas un problème en soi si les déplacements du personnage à travers les différents écrans à naviguer se produisaient à une vitesse décente. Il m’a fallu passer à travers la moitié du jeu environ avant de me rendre compte qu’il était possible de passer les animations de déplacement, puisqu’il n’est mentionné nulle part que cela est possible. Aucune indication n’est présente non plus à propos de comment l’on peut sauvegarder sa partie, si bien qu’il faut…

Évaluation en chiffres

Histoire et Narration - 7.5
Personnages - 8.5
Contrôles - 6
Qualité graphique - 8.5
Qualité sonore - 9.5
Facteur plaisir - 7
Facteur difficulté - 4.5
Facteur innovation - 7.5

7.4

Un jeu qui fait son âge

The Dig était un excellent jeu d’aventure face aux standards de son époque, avec une histoire décente et une atmosphère exceptionnelle. Pour ce qui est de son état par rapport au marché d’aujourd’hui, je dirais que ce titre sert de bon représentant de ce que l’industrie produisait en matière de jeux d’aventure de qualité au moment de son inception. Une bonne leçon d’histoire et une expérience intéressante (surtout accompagné d’un solutionnaire), même si l’on peut trouver nettement mieux de nos jours.

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Charles-Alexis Dumas

About Charles-Alexis Dumas

Suivant religieusement l'actualité du jeu vidéo, Charles est un fin connaisseur de presque tout ce qui se passe dans l'industrie. Étudiant en littérature, en cinéma et en jeux vidéo, il a l'ambition de devenir un critique professionnel, parce que, vraiment, pourquoi est-ce que tu ne voudrais pas être payé pour regarder des films ou jouer à des jeux. Charles trouve également très étrange de parler de lui à la troisième personne.

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