Pourquoi Pluton n’est plus une planète

Mon vieux tu m’as jeté sur une nouvelle…

Le 24 août 2006 – il y a (déjà!) 8 ans –, Pluton a perdu son statut de planète suite à l’assemblée générale de l’Union astronomique internationale où les membres ont voté les critères définissant ces astres. La plus petite et la plus éloignée des planètes du système solaire a alors été rétrogradée au statut de planète naine, au même titre que Cérès, Hauméa, Makémaké et Éris. Cette dernière dispute avec Pluton le titre de la plus grosse planète naine de notre système.

Quels sont donc ces critères?

La définition d’une planète n’avait, jusqu’en 2006, pas évolué depuis l’Antiquité. Il s’agissait d’une « étoile vagabonde », c’est-à-dire un astre lumineux qui se déplace par rapport aux étoiles comme le Soleil. Il était donc grand temps de mettre à jour cette définition à la lueur des connaissances et des avancées technologiques modernes. C’est le mandat que s’est donné l’Union astronomique internationale pour sa 26e assemblée générale qui s’est tenue à Prague du 14 mai au 25 août 2006.

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Ce n’était pas une mince affaire! Un groupe d’experts présidé par l’astronome américain Owen Gingerich de l’université Harvard avait, par ailleurs, fait une proposition ciblant principalement la notion de gravité. Selon cette définition, Pluton aurait conservé son statut. Du même coup, Charon, Cérès et Xena auraient gagné le titre de planète pour nous donner un système de 12 astres.  Or, au tournant des débats, c’est 70 % des 2500 participants de l’assemblée qui ont voté contre la proposition du comité.

Au final, l’Union astronomique internationale s’est arrêtée sur 3 définitions distinguant les grandes catégories des corps célestes de notre système.

Ainsi, « une planète est un corps céleste, qui :

  1. est en orbite autour du Soleil;
  2. possède une masse suffisante pour que sa gravité l’emporte sur les forces de cohésion du corps solide et le maintienne en équilibre hydrostatique, sous une forme presque sphérique ;
  3. a éliminé tout corps susceptible de se déplacer au voisinage de son orbite. »

C’est sur ce dernier point que Pluton fait défaut. Elle tombe donc plutôt dans la seconde catégorie – soit celle des planètes naines – définie pour la première fois lors de cette fameuse assemblée.

« Une planète naine est un corps céleste, qui :

  1. est en orbite autour du Soleil ;
  2. a une masse suffisante pour que sa gravité l’emporte sur les forces de cohésion du corps solide et le maintienne en équilibre hydrostatique, sous une forme presque sphérique ;
  3. n’a pas éliminé tout corps susceptible de se déplacer au voisinage de son orbite ;
  4. n’est pas un satellite. »

TNOL’ensemble des autres objets qui sont en orbite autour du Soleil, à l’exception des satellites naturels, reçoit la (*très précise*) nomenclature « petits corps du système solaire ». Cette catégorie inclut la plupart des astéroïdes, les objets transneptuniens (OTN), les comètes et les autres corps célestes qui n’entrent pas dans les 2 catégories précédentes.

En juin 2008, une autre décision de l’Union astronomique internationale vient donner le nom de « plutoïde » aux planètes naines en orbite autour du Soleil et au-delà de l’orbite de Neptune. À ce jour, seules Pluton et Éris font partie de cette classe.

Source : Magazine Futura-Sciences

Source officielle, en anglais seulement : Union astronomique internationale

Pour la petite histoire

Pluto_and_its_satellites_(2005)C’est en 1930 que Pluton est découverte. Les technologies de l’époque ne permettent pas de mesurer directement au télescope son diamètre, en raison de la distance trop importante qui nous en sépare. Les astronomes tentent donc d’estimer sa grosseur grâce à la réflexion de la lumière du Soleil sur Pluton. Cette méthode est très imprécise, mais, en ayant recours à des moyennes, les experts évaluent le diamètre de Pluton à 5000 kilomètres, soit environ le même que celui de Mercure. Pas de doute, à cette grosseur, il s’agit d’une planète. En effet, le plus gros astéroïde alors connu ne fait que 850 kilomètres de diamètre. La grosseur étant alors le critère principal de catégorisation, on ne se pose pas plus de questions.

Sauf que, en 1975, l’astronome américain James Walter Christy de l’Observatoire naval des États-Unis découvre que Pluton a un satellite, Charon, qui est venu fausser la mesure puisqu’il réfléchit, lui aussi, la lumière du Soleil. Les avancées technologiques ont depuis permis de mieux évaluer le diamètre de Pluton, qu’on estime plutôt à 2500 kilomètres. C’est encore largement plus gros que les astéroïdes connus. En 1992, on découvre toutefois environ 1000 astéroïdes au-delà de l’orbite de Neptune, dont plusieurs sont d’une grosseur similaire à celle de Pluton et un semble même plus gros. Et ça continue. En 2006, c’est presque 10 000 astéroïdes qui ont été découverts passé Neptune, preuve d’une ceinture d’astéroïdes… dont Pluton pourrait faire partie disent certains. C’est ce qui provoque la fameuse assemblée qui a destitué Pluton, au grand dam de plusieurs.

Et le fameux truc?

Bien entendu, ce déclassement veut aussi dire que le procédé mnémotechnique que nous avons tous appris à la petite école ne fonctionne plus. En voici quelques nouveaux, mais, honnêtement, il n’y en a aucun qui me plaise vraiment. En avez-vous un meilleur à proposer ?

Ma Voiture Te Mène Joyeusement Sur Une Nationale.

Me Voici Toute Mignonne, Je Suis Une Nébuleuse.

Mon Vieux, Tu M’as Jeté Sur Une Navette.

Source : Wikipédia

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