Critique – Bit.Trip Presents… Runner2: Future Legend of Rhythm Alien

Runner2 devient un jeu très difficile lorsqu’on est déconcentré par les basculements frénétiques du paquet entre les jambes d’un homme-poisson qui sprinte. Heureusement, on peut le remplacer par un cornichon.

FICHE TECHNIQUE

  • Développeur : Gaijin Games
  • Plateformes : PC, Linux, Mac, Wii U, Xbox 360, PlayStation 3, PlayStation Vita, iOS
  • Nombre de joueurs : 1
  • Type de jeu : Jeu de plateformes rythmique
  • Date de parution : 26 février 2013
  • Prix de base : 16,99 $

La série Bit.Trip raconte l’histoire du personnage de CommanderVideo à travers six jeux avec une jouabilité totalement différente. Après avoir conclu la saga, Gaijin Games, le studio derrière les jeux, a décidé de développer une suite à un de ces jeux : Bit.Trip Runner, un jeu de plateformes avec des aspects de jeu de rythme. Le principe du jeu est assez simple : le personnage à l’écran court à travers un niveau à une vitesse constante, et le joueur doit le contrôler afin qu’il évite ou détruise les obstacles sur son chemin, jusqu’à la fin du niveau. Le tout est accompagné d’un scénario anecdotique, mais qui est rehaussé par la performance du narrateur. Durant les quelques cinématiques du jeu, c’est Charles Martinet, la voix de Mario et de nombreux autres personnages de Nintendo, qui nous guide à travers l’intrigue légère avec un ton qui se marie de façon excellente à l’ambiance globale du jeu.

Les cinématiques très stylisées
Les cinématiques très stylisées

Une ambiance chaleureuse

Il n’y pas que Martinet qui contribue à cette ambiance légère et rieuse, mais toute l’esthétique du jeu, que ce soit visuelle ou sonore. Les cinématiques mentionnées plus haut réussissent à caractériser efficacement le personnage de CommanderVideo, malgré son manque de visage qui pourrait nuire à son expressivité.

CommanderVideo déguisé en dinde
CommanderVideo déguisé en dinde

Les animations des personnages contribuent également à la construction du monde. La course de ceux-ci est frénétique sans pour autant être agressive : ils paraissent plutôt enthousiastes et dynamiques, comme impatients à l’idée de progresser dans leur aventure. Les costumes comiques aident aussi à établir la jovialité et à montrer un monde qui ne se prend pas au sérieux. Un costume de dinde, un homme à tête de hamburger, une sirène inversée avec une tête de poisson et des jambes d’humain, et même un cornichon péquenot font partie des différents choix offerts au joueur comme avatar sprintant à travers les niveaux.

Runner2 - Merman

La palette de couleur du jeu est vibrante et éclatée, jumelée avec des décors aux détails impressionnants, remplis d’animations et d’éléments en arrière-plan, elle contribue grandement à la construction d’un monde original et charmant qui donne l’envie d’être visité. Cependant, le dernier monde jure avec le reste des niveaux et ne réussit pas aussi bien à établir l’ambiance maintenue jusqu’alors par le titre. Avec une palette de couleur un peu trop unie où l’on peine à distinguer les obstacles, l’expérience s’y révèle moins amusante. Malgré ce petit faux pas, on se plaît dans ce monde coloré où de paisibles géants résident dans l’arrière-plan et où la lune semble constamment exaspérée.

Runner2 - Bigfoot

 

Une jouabilité musicale

Disasterpeace, l’artiste derrière l’impeccable bande sonore de Fez et du film It Follows, nous offre ici une panoplie de merveilleux morceaux qui renforce encore plus l’atmosphère mentionnée plus haut. La beauté de cette bande sonore est qu’elle est en symbiose subtile avec les effets sonores du jeu, qui dépend fortement de la musicalité de sa jouabilité pour faire ressortir ses éléments de jeu de rythme. Chaque mouvement effectué, chaque ennemi et obstacle évité, chaque lingot d’or ramassé produit un son différent qui, lorsqu’une séquence est rempli de ces éléments, construisent une mélodie entraînante qui gratifie le joueur avec un rythme satisfaisant qui est évocateur de la vitesse à laquelle les personnages s’élancent à travers les niveaux.

Runner2 - Unkle Dill

CommanderVideo a à sa disposition une panoplie de mouvements : le coup de pied, le bouclier, la glissade et le saut sur ressorts. Chacun de ces mouvements correspond à quelques-uns des obstacles rencontrés au fil de l’aventure, si bien que les niveaux, qui ressemblent beaucoup plus à ceux d’un jeu de plateformes, se déroulent plutôt comme ceux d’un jeu de rythme où les indications des boutons sur lesquels appuyer défilent à l’écran à une certaine vitesse. Ainsi, Runner2 se trouve être un jeu de rythme camouflé dans une esthétique qui rend ce fait subtil. Au lieu de montrer les touches d’un clavier, le jeu nous apprend à associer ces touches à des ennemis ou obstacles, maintenant l’illusion d’un jeu de plateformes à exécution précise. Mais il ne faut pas être dupe, Runner2 est secrètement un jeu de rythme qui demande une précision parfois chirurgicale.

 

Un calibrage entre difficulté et design

Plutôt qu’avoir un niveau de difficulté global, Runner2 offre trois difficultés différentes pour chaque niveau, qui se manifeste sous la forme de différentes configurations d’obstacles et d’ennemis à travers le niveau. Ainsi, chaque niveau renferme trois variantes assez différentes les unes des autres, offrant une longévité énorme au jeu pour les joueurs qui se veulent perfectionnistes.

Runner2 - Cheeseborger

Certains problèmes surviennent avec le réglage de la difficulté, mais rien qui ne soit assez grave pour briser l’expérience : parfois, la courbe de progression de la difficulté semble mal calibrée et le joueur peut rencontrer un niveau particulièrement difficile juste avant d’affronter un niveau d’une facilité déconcertante. De plus, malgré le fait que le design des niveaux soit d’une qualité constante à travers le jeu pour les deux plus hautes difficultés, les niveaux de la plus basse difficulté semblent souvent un peu trop vides pour satisfaire la nature rythmique du jeu. Ces lacunes dans le design peuvent inviter le joueur à considérer son choix de difficulté comme le « mauvais » choix, surtout s’il a choisi la difficulté la plus basse, et qui signifie que le joueur est un moins bon joueur que s’il avait choisi une autre difficulté, un problème qui n’est pas réservé qu’à Runner2.

Runner2 - Map

 

Conclusion

Avec son ambiance paisible et son monde charmant, Runner2 se révèle comme un jeu accueillant où il fait bon courir. Les rares problèmes de difficulté ne sont pas suffisants pour nuire sérieusement à l’expérience construite par des visuels vibrants et colorés, et la bande sonore impeccable de Disasterpeace, surtout avec la symbiose entre les effets sonores et le jeu de rythme camouflé en jeu de plateformes qui fait preuve d’une musicalité gratifiante.

On aime :

  • La jouabilité rythmique gratifiante;
  • L’ambiance amusante et légère;
  • La bande-sonore de Disasterpeace.

On aime moins :

  • Le design du dernier monde qui jure avec l’ambiance établie dans les autres niveaux;
  • La courbe de difficulté parfois irrégulière;
  • La plus basse difficulté qui laisse les niveaux un peu vides.

Liens utiles :

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *